l'été sera chaud ! si avec l'hiver nous avions des conseils municipaux assez pauvres dans leur ordre du jour, avec l'été, c'est beaucoup de dossiers lourds qui apparaissent.... tout d'abord, celui de la langue bretonne avec le Bilan d'étape de la Commission extra-municipale chargée de la Langue Bretonne.

 

J'y ais régulièrement participé, et pour avoir connu de l'intérieur d'une gestion municipale et les obstacles nombreux pour valoriser une politique dynamique linguistique, j'en mesure les difficultés et c'est donc dans un esprit constructif que je m'y suis engagée.

 

Cette commission a pour objet de vérifier si la Chartre Ya d'ar brezhoneg, que notre précédente municipalité avait voté en février 2008, avance sur les 11 actions prioritaires choisies.

 

Je peux témoigner que cette commission se réunit de manière régulière depuis juin 2009. Par contre j'ai été assez suprise de recevoir la lettre ci-après, avant même d'ailleurs de recevoir le rapport du conseil municipal.

 

Avec notre équipe, nous allons étudier ces rapports et ces lettres dans le cadre de nos réunions mensuelles de préparation du conseil municipal.Vous pouvez aussi apporter des éléments à notre réfléxion en envoyant un commentaire ou en m'adressant un mail à isabelle.lebal@wanadoo.fr  

 

à suivre....

 

mairie-quimper-et-drapeaux.jpg"Quimper, le 23 juin 2010
Madame, Monsieur,


le 25 janvier 2008, la Ville de Kemper s'est engagée, après de longues discussions entamées 4 ans plus tôt avec l'Office de la angue Bretonne, à atteindre en février 2011 le niveau 2 de certification de la charte « Ya d’ar brezhoneg ».


Au cours de la campagne des municipales 2008, un collectif de 19 associations promouvant la culture et la langue bretonnes  sur Kemper a interpellé les différentes listes qui se présentaient au suffrage des électeurs en leur soumettant une plate-forme de propositions concrètes à mettre en œuvre au cours de la mandature à venir.


De l'examen des réponses obtenues, il en est ressorti une affirmation nette de l'ensemble des listes en faveur d'une prise en  compte réelle et volontariste de la question de la langue bretonne.  


L'équipe actuellement en place, dont la composition résulte de la fusion de plusieurs listes présentes au 1er tour, portait, à son arrivée aux affaires, une double responsabilité : celle de tout mettre en œuvre pour traduire dans les faits la décision prise par  la Ville le 25 janvier 2008 et celle de donner corps aux engagements pris devant les électeurs par les différentes composantes  qui la constituent aujourd'hui.
 
Si les mesures les plus voyantes ont bien été mises en œuvres (création de la Commission Extra Municipale - CEM - et désignation d'un conseiller municipal délégué aux diversités culturelles et à la langue bretonne), et  si quelques objectifs concrets et d'importance ont été clairement annoncés (parvenir notamment, engagement particulièrement  fort, à un doublement des effectifs des filières bilingues avant la fin du mandat), force est de reconnaître qu'à presque mi-mandat, peu  d'avancées concrètes ont été réellement enregistrées sur le terrain.
 
Le collège associatif constitué au sein de la CEM s'est pourtant particulièrement impliqué afin d'accompagner la Ville dans la mise en oeuvre de sa politique linguistique. 37 actions concrètes, fruit d'une réflexion collective engagée au sein de Ti ar Vro Kemper, ont été ainsi imaginées et présentées aux élus y siégeant.
 
Compatibles avec les actions que la Ville a choisi de retenir dans le cadre de la charte « Ya d'ar Brezhoneg », ces propositions  n'ont rencontré, à ce jour, qu'un écho très mesuré de la part de la municipalité, laquelle semble se heurter à des murs, des inerties, des résistances qui traduisent autant l'absence d'une orientation politique claire et partagée par l'ensemble des élus sur le problème de la langue que, et cela en est la conséquence, l'incapacité de ces derniers à susciter, sur ce sujet, une vraie prise de conscience individuelle et collective des chefs de services et du personnel municipaux.
 
Petit aperçu de ces blocages préjudiciables :
 
-  Difficultés lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre une politique de signalétique bilingue dans les bâtiments publics
(médiathèque, MPT de Penhars…), simplement destinée à valoriser une langue implantée et pratiquée localement depuis plus d'un millénaire.

 

-  Difficultés pour assurer la mise en place et le renouvellement par les services des panneaux de signalisation bilingue (jalonnement urbain, entrées/sorties de ville, lieux publics…), alors qu'il ne s'agirait pourtant ici  que d'assurer la continuité de la politique engagée par Filip Mell entre 1995 et 2000. 


-  Difficultés de convaincre Bernard Poignant d'accepter une version bilingue de son éditorial dans le magazine municipal en raison du fait, explique-t-il, qu'il n'est pas lui-même bilingue. Avait-il cette même réserve lorsque ses contributions de député européen faisaient l'objet de traduction en anglais, allemand ou espagnol ?


-  Difficultés aussi dans le processus engagé en vue de l'ouverture d'un second site bilingue public Div Yezh sur Ergué Armel en raison d'une crise scolaire dont les filières bilingues ne sont pas responsables mais qui, néanmoins, conduit au gel des démarches préalables nécessaires à l'aboutissement du projet. 


-  Difficultés encore pour faciliter l'accès de l'école Diwan aux services offerts par la cantine municipale alors que ce débat n'est plus d'actualité, y compris sur le terrain juridique, dans de nombreuses villes de Bretagne.


-  Difficultés toujours pour imaginer une action concertée entre la Ville de Kemper et Kemper Communauté lorsque les propositions du collège associatif se heurtent à la limite des compétences entre les deux collectivités (signalétique, accueil du public, formation du personnel en ce qui concerne les équipements de loisirs, le réseau de bibliothèques…)…

 

Face à ce sur-place inconcevable (cf. ressenti du collège associatif joint au rapport établi par Loïc Philippon en vue du Conseil Municipal du 9 juillet que nous vous demandons de lire attentivement), l'ensemble des structures composant le collège associatif vous demandent à vous, élus siégeant en CEM ou connus pour être sensibles et réceptifs à la question de la langue bretonne soit par l'engagement qui a été le vôtre tout au long de votre parcours, soit par les prises de positions publiques que vous avez pu prendre, de peser de tout votre poids pour impulser collectivement une politique linguistique digne de ce nom. 
 
Elles vous demandent par conséquent de faire vôtres les propositions qu'elles ont collectivement formulées, de les promouvoir au sein de votre groupe politique et de  les défendre au Bureau Municipal et au Conseil Municipal. Elles attirent particulièrement votre attention sur les propositions référencées aux N° 7, 8, 9, 10, 12, 13, 32 et 36.

 
Jamais probablement, l'équipe municipale n'a-t-elle contenu autant d'élus favorables à une approche volontariste de la question de la langue bretonne tant d'un point de vue pragmatique (mise en œuvre concrète des actions, organisation de la prise de conscience collective au sein de l'appareil municipal pour faciliter cette mise en oeuvre), que d'un point de vue simplement citoyen, intellectuel et philosophique.
 
Jamais l'occasion de mettre cette question en débat et, par conséquent, d'avancer de façon sereine et dépassionnée sur les réponses à lui apporter n'a été si belle.
 
Jamais le mouvement associatif n'est apparu aussi uni pour porter avec les élus une telle ambition ("Votre force collective est un vrai moteur pour nous élus" nous assurait Kristian Gonideg lors de la rencontre et de la conférence de presse organisées à la mairie de Kerfeunteun en juin 2009). 
 
Jamais enfin l'urgence d'agir en local en faveur de la langue n'a été aussi nécessaire et aussi en phase avec la démarche Agenda 21 dont l'un des axes forts est précisément le respect de la diversité culturelle. 

 

Dernière chose. Ce message n'est en aucun cas dans  notre esprit la marque d'un quelconque désaveu de l'action de  Loïc Philippon, conseiller en charge du dossier, lequel a toujours fait preuve de la plus grande écoute. Mais, seul, il n'arrivera pas à faire bouger le paquebot pour reprendre l'une de ses expressions.
 
C'est donc à un soutien ferme et massif et à un accompagnement collectif et volontariste de sa démarche auxquels nous vous appelons solennellement. 
 
Sur un tel sujet, la Ville de Kemper se doit d'être exemplaire et innovante.
 
Nous comptons par conséquent sur vous et sur l'ensemble de l'équipe municipale pour faire de notre ville une référence en la matière. 
 
Le conseil municipal du 9 juillet prochain vous donne l'occasion de lancer concrètement cet ambitieux chantier. Merci donc d'en faire un moment fort et réellement fondateur.
 

 
L'ensemble des membres du collège associatif siégeant en CEM :
 
Ghislaine Le Gallou (Div Yezh Kemper, école), Bernadette Streiff et Caroline L'Haridon (Div Yezh Kemper, collège et lycée Brizeux), Mélanie Bégoc (Ecole St Raphaël), Nicolas Le Bihan (Skol Diwan Kemper), Alan Foricher (Skolaj Diwan Kemper), Bernez Kere (Mervent), Vincent Rouxel (Divskouarn), Anna Ar Beg (Ti ar Vro Kemper), Pierre-Yves Petillon (Dastum Bro Gerne),  Bruno Coray (Evel Just).

Tag(s) : #Ville de Quimper

Partager cet article

Repost 0