Isabelle Le Bal

Liste de liste du Finistère

Kemper, 22/02/2010

à Angèle JACQ-GOUEROU

Présidente du collectif de Carhaix

 

Madame La Présidente,

 

Nous vous remercions d’avoir saisi notre liste à l’occasion de ces élections si importantes pour la Bretagne.

Notre famille politique porte depuis toujours les valeurs d’une démocratie décentralisée, européenne, régionale et locale. Nous avons prouvé par les votes dans nos collectivités et surtout pendant ces six dernières années du mandat régional ceux des élus du MoDem, notre attachement au renforcement du pouvoir régional, autant pour l’élargissement de ses compétences que notre détermination à y associer plus d’autonomie fiscale.

L’enjeu de ces élections régionales est bien pour nous de donner un projet politique, économique et social à la Bretagne avant toute considération de logique partisane, c'est-à-dire qu’une fois élus nous continuerons à donner la priorité à l’intérêt général pour les Bretons.

Concernant la réunification, et c’est écrit noir sur blanc dans notre programme, nous y sommes non seulement favorables mais nous en en sommes des militants fervents. La résolution que j’ai présentée récemment au conseil municipal de Quimper vous en témoignera, tout comme l’ensemble de nos votes pendant la mandature régionale.

Une Bretagne qui grandit et s’agrandit : c’est bien plus qu’un slogan c’est l’avenir que l’on souhaite pour notre région.

1/ Nous sommes favorables à la réunification de la Bretagne historique, avec le rattachement du département de Loire-Atlantique à la Bretagne. C’est pour nous une question institutionnelle, politique, économique et culturelle. C’est aussi une question fondamentale lié à notre attachement à construire des régions fortes dans l’Union Européenne à l’instar de nombreuses régions notamment des pays celtiques.

Nous considérons de plus que seule une Bretagne réunie pourra s’épanouir économiquement et évitera l’accroissement vers l’est de l’Europe des richesses nationales, évitera la création d’une barrière infranchissable à l’est de la Bretagne, équilibrera de fait avec la Bretagne occidentale et le Finistère, maintiendra une Bretagne d’équilibre de villes moyennes et d’agglomérations avec son tissu rural et maritime. L’enjeu pour les finistériens dans ce combat est aussi celui de ne pas laisser s’installer une Bretagne à deux vitesses, celles des grandes métropoles qui vident de leur substance les pouvoirs des régions.

Pour y parvenir, et nous savons l’action menée par les associations depuis des années, les décisions politiques sont incontournables. Des solutions semblent se profiler avec le débat lancé par la loi sur la réforme territoriale. Nous espérons que les portes ouvertes à cette occasion au niveau législatif, permettent une solution simple et rapide (abolition du décret de 1941 ; réorganisation interrégionale passant par celle de la Bretagne…) Nous nous engageons à poursuivre notre combat pour la réunification dans les instances où nous nous seront élus.

2/La Subsidiarité fait partie de la doctrine politique des centristes, et les nouvelles formes de pouvoirs régionaux en Europe nous semblent être des exemples à suivre tant d’un point de vue des compétences que des moyens. Concernant la culture et la politique linguistique, comme vous le savez, notre groupe a toujours voté ces délibérations au Conseil Régional de Bretagne, même si nous avons eu à faire part de certaines remarques concernant la gestion par la majorité socialiste de ce dossier. L’augmentation des crédits à la langue et à la culture bretonne (breton, gallo), la difficulté à atteindre l’objectif des 20 000 apprenants, le manque d’actions plus concrètes pour accompagner la langue dans la vie publique et notamment dans l’action économique, et aussi un certain centralisme rennais des établissements publics culturels.

La politique linguistique de la Région Bretagne devra renforcée sur 3 grands axes : Vie publique- Enseignement -Nouveaux médias.

Nous avons proposés en vain à plusieurs reprises que L’hémicycle de la région soit équipé d’une traduction simultanée Français/Breton pour toutes ses sessions, et celles du CESR. Nous souhaitons que  La Région finance la traduction en Breton des panneaux d’informations historiques et touristiques pour les communes.

Nous voulons la mise en place d’un plan sur 4 ans place en lien avec l’Office de la Langue Bretonne pour les entreprises et pour valoriser les salariés qui pratiquent le breton dans leur travail.

Nous sommes favorables à réclamer de l’Etat de droit à l’expérimentation pour la compétence culture et diversité linguistique. Nous pensons que la Bretagne mérite aujourd’hui d’avoir les coudées franches pour organiser l’enseignement des langues de Bretagne sur son territoire, de la maternelle à l’Université.

3/ Concernant la ratification par la France de la Chartre européenne des langues minoritaires, le conseil régional pourra être un levier auprès du gouvernement mais aussi des relais actifs auprès du Parlement Européen, de la Commission et du Conseil de l’Europe ; notamment par le Comité des régions.

4/ Le droit à l’expérimentation, hormis la santé et la culture bretonne, nous le réclamons pour la politique de l’eau et nous regrettons de ne pas avoir été entendu par le gouvernement sur ce dossier. Concernant l’application concrète de la politique de l’eau en Bretagne, nous associons à ce vœu de nouveau pouvoir régional, les instances de terrain gérant les bassins versants, organisations démocratiques émanant des communes et de l’intercommunalité. En effet, la région doit pouvoir travailler avec les pouvoirs locaux en bonne entente politique, et pas seulement comme une entité technocratique. C’est pourquoi le dialogue entre les élus devra être instauré sur cette expérimentation notamment sur la question de la police de l’eau.


 

5/ Concernant l’augmentation du budget régional de la Bretagne, il nous semble indissociable des compétences. Celui-ci, dans les 5 dernières années a considérablement augmentés mais principalement en raison des transferts de compétences de l’Etat comme les personnels des lycées. Malheureusement ce budget régional est passé d’un budget de stratégie d’investissement pour la Bretagne à un budget de fonctionnement où les marges de manœuvres financières des élus sont insatisfaisantes. La question de cette liberté de financement régional est posée sous deux formes : voulons-nous créer un nouvel impôt pour les bretons pour financer notre action ? Pouvons-nous avoir les moyens législatifs et réglementaires pour trouver de nouvelles ressources ? Quelques pistes existent, avant le vote d’ici l’été de la loi sur les nouvelles finances territoriales : financement par la TIPP, création d’un emprunt régional qui fait appel à l’épargne des bretons pour nos priorités. (Nous avions demandés ce dernier à la majorité pour le financement de BGV, qui la refusée à deux reprises).

La dévolution version Breizh, est un chantier politique qui doit nous unir : associations, partis politiques, citoyens. Il sera au cœur de la Nouvelle Bretagne que nous voulons. Et dans ces 4 ans de mandats qui nous séparent de la réforme territoriale nouvelles, nous nous y attellerons.

Pour aller plus loin dans ce débat, nous serions heureux de vous rencontrer dans cette campagne, et restons à votre disposition pour un rendez-vous.

Je vous prie de croire, Madame La Présidente, à l’assurance de mes cordiales salutations.

Isabelle Le Bal

Conseillère régionale

Conseillère municipale

Tag(s) : #Conseil Régional de Bretagne

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