Tribune d’Isabelle LE BAL

PROCES ERIKA : Rien que la vérité.

Le temps n’efface rien, la mémoire est têtue. N’en déplaise à ceux qui ont la mémoire courte.

Le procès en appel de l’Erika qui se déroule cette semaine est un rendez-vous majeur pour la lutte contre les marées noires dont la Bretagne n’a que trop souffert. C’est un procès exceptionnel pour mettre en place une jurisprudence inédite en matière de droit européen et international contre les pollutions maritimes, contre des pratiques dangereuses de navigation de produits toxiques ; pour obtenir réparation d’un préjudice matériel, mais aussi d’un préjudice moral et écologique ; pour créer un droit à réparation pour atteinte à l'image. 10 ans : les bretons n’oublieront sûrement jamais toutes les conséquences de cette catastrophe. Ce sont les arguments politiques que j’ai été la seule à porter au conseil municipal depuis un an pour faire reculer la majorité dans cette affaire de l’Erika.

Il est plus que surprenant d’entendre ces jours-ci les prises de positions de la municipalité de Bernard Poignant se réjouissant de la présence de Quimper en tant que partie civile au procès d’appel, en omettant de dire que depuis un an, ils ont fait voter des délibérations pour se retirer de la procédure et pour négocier une transaction financière de retrait avec Total de 100 000€ . On croit rêver !

Des délibérations contradictoires

Il convient de rappeler au nom de la vérité des faits, que le 24 octobre 2008, le Maire de Quimper a proposé au conseil municipal une délibération pour se retirer de ce procès. Délibération que j’ai combattue et qui, suite à mes arguments, avait été d’ailleurs retirée de l’ordre du jour en plein conseil municipal, par le Maire lui-même. C’est d’ailleurs aussi très étonnant de constater que le compte-rendu des débats sur ce sujet a disparu peu après du site internet de la mairie de Quimper ! Mais pour ceux qui s’intéressent à se sujet j’avais pris la précaution de le copier intégralement, il est possible ainsi de le retrouver in extenso sur mon blog.

Il convient aussi de rappeler que le 6 février 2009, cette même délibération a été inscrite à l’ordre du jour du conseil communautaire dans les mêmes termes et votée par la majorité. Bernard Poignant a donc signé le retrait du procès de Quimper Communauté et le protocole de transaction financière avec la société Total (Délib. N° 2 DAG du 6 février 2009)

Absence de clarté dans les positions

Il serait juste de dire aux quimpérois que la posture politique de la majorité est incompréhensible, car elle joue sur les deux tableaux : contre à Quimper, pour à Quimper-communauté. Le débat politique local se retrouverait aussi grandi si premièrement on reconnaissait s’être trompé, éclairé par des arguments justes même s’ils sont présentés par une élue du MoDem, et deuxièmement si, par delà les utilisations politiciennes des assemblées, on affirmait haut et clair l’importance de ce procès pour l’environnement, la Bretagne et le droit maritime international.

Rétablissons la vérité. Il faut d’urgence une position politique sans aucune ambigüité parce que la Bretagne en a assez des bateaux poubelles. La solution serait de faire revoter une délibération, pour que ni Quimper ni Quimper Communauté ne soit à l’écart de l’histoire du droit de l’environnement et d’une juste réparation pour la Bretagne.

 

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