Les orientations annoncées par le Président de La République au Congrès n’ont pas été suivies d’un véritable débat parlementaire, c’est regrettable pour la démocratie. La réforme de nos institutions est plus qu’urgente pour aller vers une démocratie plus ouverte, prélude à la 6ème république que le Modem appelle de ses vœux en ce début de 21e siècle. Le régime présidentiel qui s’installe ôtant la voix au premier ministre et au parlement, n’est pas un signe de bonne santé.

Sur le fond des différentes propositions, certaines pêuvent apparaître aller dans le bon sens quand il s’agit de se préoccuper rapidement des jeunes et des personnes âgées, mais la question du comment reste entière sur les chantiers annoncés. Comment sur le plan des moyens financiers et le comment sur des procédures négociés avec les acteurs économiques et sociaux. Le politique doit répondre au comment.

La dette publique de la France atteint des sommets vertigineux nous faisant encore une fois sortir des critères européens et bloquant les générations à venir. Y ajouter l’idée d’un emprunt national, rappelant aux anciens les emprunts russes ou l’emprunt Giscard, peut être entendu d’un point de vue théorique, mais c’est vite oublier que les Français souffrent d’une crise économique majeure et que nous savons qu’ils ne pourront être nombreux à répondre à l’appel. De plus, il faudra être attentif si cette idée d’emprunt génère des investissements productifs sur des projets innovants ou serve à financer au final des politiques ordinaires de l’État.

Le comment par l’emprunt endette encore notre avenir.

Quand les centristes entendent qu’il faut sortir du capitalisme pour aller vers un libéralisme plus social, on se dit que là encore le centre est indispensable à la France… Seulement en politique il faut que le concret soit au diapason, donc attendons les programmations concrètes. Selon le proverbe « Le diable se cache dans les détails », on ne peut se contenter des discours. Engager un nouveau processus de ré industrialisation française ne peut s’entendre que dans le cadre européen car un trop fort protectionnisme remettrait en cause notre savoir-faire reconnu au niveau international.

Concernant l’annonce de la réforme des collectivités, nous sommes favorables à plus de régionalisation et à une démocratie plus proche et plus lisible. Nous attendons donc là encore  le concret du rapport Balladur et insistons sur l’association du département de Loire-Atlantique à une nouvelle région Bretagne. L’inquiétude sur les financements des collectivités avec la suppression de la Taxe professionnelle reste entière sans propositions claires de financement compensatoire de la part de l’État. Nos communes ne peuvent se retrouver dans le paradoxe de financer de plus en plus à la place de l’État tout en en leur supprimant leurs recettes. C’est aussi la question du maintien de services publics en termes d’aménagement du territoire.

Sur la taxe carbone, même si le Parlement a amendé le projet pour la Bretagne, nous rappelons que notre indépendance économique passant par la route, une lourde taxation nous pénaliserait doublement et mettait en cause notre compétitivité internationale. Les parlementaires bretons doivent reprendre leur travail pour éviter que ne s’impose ici comme partout une taxe inégalitaire. Certes aucun d’impôt supplémentaire n’a été annoncé mais nous savons que depuis 2007 de nombreuses taxes indirectes ont pénalisés les entreprises et le pouvoir d’achat des français : des franchises médicales aux taxes sur le RSA, les ordinateurs, les imprimés publicitaires….les taxes automobiles même si on a évité celles sur les pique-nique…. Pas d’augmentation d’impôt mais toujours plus de taxes, le résultat est le même pour le portefeuille des contribuables.

On sait que la période est difficile pour les français, les entreprises et les finances publiques, alors un emprunt dans une France ultra-endettée est-ce vraiment ça la bonne solution ? CQFD

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