Dossier suivi par I. LE BAL 

Ce contrat de développement entre la Région Bretagne et LE PLUS VASTE ARCHIPEL EUROPEEN d'îles habitées, arrive à un moment crucial de leur avenir.

Oui je tiens à préciser : îles habitées car il s'agit bien pour notre collectivité de se préoccuper en premier lieu des insulaires.

En effet, depuis plusieurs années nous connaissons des phénomènes démographiques, économiques, sociaux qui engendrent malheureusement un exil forcé des populations jeunes et actives, créant une Bretagne à deux vitesses, celle des îles et celle du continent.

La région Bretagne et les communes insulaires ont  depuis longtemps mené une politique active en faveur des îles afin de combler ces inégalités entre les populations.

Il s'agit là d'une nouvelle étape qui vient témoigner d'une solidarité plus forte notamment par un engagement financier important sur 3 ans : 6 M€, avec ces territoires hors normes, qui ont besoin plus que d'autres aujourd'hui, d'une politique volontariste pour assurer la transmission aux générations futures d'îles toujours habitées et habitables. Sur le plan financier, il serait utile de nous fournir un tableau de bord pour mesurer les besoins et les projets financés sur la période du contrat.

Je remarque, soit dit en passant, que dans le texte de la délibération, il n'est fait mention nulle part du  : Parc Marin de l'iroise.... En fait, est-ce bien surprenant de ne pas le voir apparaître ici, comme outil majeur de développement local des îles de l'extrême Ouest ? J'en avais fait précédemment à notre assemblée la démonstration que la priorité des îles, c'est de se préoccuper en urgence des problèmes quotidiens des îliens : travail, logement, école, qualité de vie, foncier, environnement, culture...

Les choses sont désormais remises dans l'ordre...Car ce sont bien là les préoccupations essentielles des  insulaires, maintien des populations et prise en compte des spécificités géographiques, économiques et sociales des îles.

Nous nous réjouissons donc des deux axes concrets que promeut ce contrat.

Les îles du Ponant ont besoin de la solidarité bretonne tous azimuts, tous secteurs d'interventions confondus, au risque de voir disparaître une des richesses humaines  et culturelles des plus authentiques de notre identité.

L'esprit qui doit nous animer est bien celui de considérer à égalité les territoires maritimes isolés, sans avoir d'arrières pensées de réserves d'indiens ou de paradis naturels aujourd'hui désertés ou devenus inaccessibles financièrement aux insulaires eux-mêmes. Depuis des années, nous sommes confrontés à l'inversion des tendances dans les îles bretonnes, là où il y a encore peu, les insulaires natifs étaient plus nombreux que les insulaires résidentiels d'adoption. Loin de moi l'idée d'opposer ces populations, juste de montrer du doigt que la pression foncière éloigne de plus en plus les natifs de l'île, et que le développement durable c'est aussi de permettre aux jeunes bretons des îles de rester vivre, étudier et travailler là où ils sont nés. 

Il est aussi très important de signaler qu'en terme d'environnement, les îliens subissent plus les conséquences des pollutions extérieures qu'ils n'en génèrent pour les autres; par exemple celles des pollutions maritimes (Erika), celles dû aux pics touristiques de masse, ou certaines menaces d'immersion des terres avec le changement climatique comme sur l'atoll de Sein, alors qu'ils sont moins responsables des causes que certaines communes du continent. En effet, paradoxalement, des îliens respectueux de la nature par leur mode de vie, payent un plus lourd tribut écologique, les rendant victimes une fois de plus de leur insularité.

C'est pourquoi la Bretagne pourrait aussi faire preuve d'innovation technologique en matière d'alimentation énergétique des îles par exemple, à l'image de certaines îles du Nord de l'Europe qui sont alimentées en électricité par des câbles sous-marins, alors que nous  constatons encore des centrales électriques au fuel dans un environnement classé... Certes, ce sont des investissements lourds, mais auxquels il serait utile de réfléchir  à l'heure des nouvelles techniques d'énergies marines.

Nous savons tous que l'intervention de la Région se positionne dans un contexte complexe, car c'est bien connu aucune île bretonne ne ressemble à une autre. Il doit s'agir d'une politique  cousue main, en totale harmonie avec les acteurs de terrain.

Pour finir, je rappellerai  le souci principal pour les insulaires d'avoir des bateaux, des bateaux sûrs et modernes, qui atteignent des ports sécurisés par tous les temps, des horaires qui permettent aux scolaires de rejoindre leur famille le week-end, et bien sûr qui amènent du continent des amoureux des îles. Oui, les îliens vivent au rythme du bateau, et on peut regretter que le principe de la continuité territoriale mise en oeuvre l'est souvent par les seuls impôts des bretons, (région et département) contrairement à d'autres îles métropolitaines ou utltra marines qui bénéficient de la solidarité nationale en matière de transport maritime.

La reconnaissance et l'implication forte que donne aujourd'hui la région Bretagne ne saurait se passer à l'avenir, de mobiliser cette solidarité nationale voire européenne complémentaire, et à la hauteur des enjeux pour nos îles.

 

Tag(s) : #Conseil Régional de Bretagne

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