La cinquième session de 2008 du Conseil Régional de Bretagne s’est tenue les jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 décembre à l’Hôtel de Courcy à Rennes.

Un important ordre du jour a été examiné par les conseillers régionaux.

A côté de dossiers thématiques (Schéma régional de l’innovation, Schéma régional Multimodal de déplacements et de transports) ou de projets régionaux spécifiques et consacrés à des territoires (classement de trois réserves naturelles régionales, lancement du projet de parc naturel régional Rance-Côte d’Emeraude, Finalisation du Projet de  Charte du Parc Naturel régional du Golfe du Morbihan, Approbation du contrat pour le développement durable des îles du Ponant…), le Budget de la Région a été examiné en fin d’année, pour la première fois durant cet actuel mandat (les Budgets précédents ayant tous été examinés lors des sessions de février).

La crise économique mondiale avec ses répercussions régionales et la Réforme territoriale et de la décentralisation (Comité Balladur) ont été évoquées par les élus régionaux avec insistance tout au long de la session.

 

Au nom du Groupe, B. Joncour a fait part dans l'intervention d'introduction de la session, des points d'actualités sur la Bretagne et sur l'ordre du jour.

 

Après avoir salué la mémoire d’Yvonig Gicquel, acteur dynamique et engagé tout au long de sa vie, pour le développement du département du Morbihan et la cause bretonne, et coéquipier de la liste « la Bretagne pour Passion » aux élections régionales de 2004, Bruno Joncour a rappelé les importants défis auxquels, en cette fin 2008, se trouvaient confrontés la Bretagne.

 

D’abord, le défi de la crise économique actuelle et ses nombreuses conséquences en Bretagne (industrie automobile et sous-traitance, électronique et nouvelles technologies, bâtiment et immobilier, agro alimentaire). Tout en mettant en avant la diversité de l’économie bretonne et sa capacité à résister, Bruno Joncour  a insisté sur la nécessité pour les acteurs publics (Etat, Collectivités territoriales) de soutenir les entreprises et de renforcer les initiatives notamment au niveau régional, à travers les aides à l’économie et à l’innovation, l’offre de formation. Il a également espéré que dans le plan de relance de l’Etat de  2,5 milliards de soutien aux projets stratégiques des collectivités locales, les projets structurants et prioritaires bretons, déjà engagés ou sur le point de l’être soient soutenus afin d’en accélérer la réalisation.

 

Bruno Joncour a ensuite rappelé la nécessité pour la collectivité  régionale de se concentrer sur les compétences qui préparent l’avenir de la Bretagne et pour lesquelles elle détient le rôle de chef de file : domaines stratégiques (développement économique, recherche, formation et apprentissage, lycée, tourisme, transports (TER) et infrastructures, politique foncière (EPFR), vie culturelle et politique linguistique en lien avec la spécificité de la région…) et grands chantiers (BGV ou Bretagne numérique par exemple).

Il a également incité le Conseil régional a s’engagé davantage sur certains dossiers stratégiques comme par exemple, la définition d’une véritable politique régionale et partenariale de la santé, afin dans un souci d’aménagement du territoire breton d’organiser pour l’avenir, une carte sanitaire équilibrée et structurée …

 

Bruno Joncour a évoqué ensuite la réforme territoriale à venir pour formuler à nouveau le voeu que « la commission Balladur » trouve des solutions afin que la décentralisation devienne plus simple, plus lisible et donc plus efficace.

Il a rappelé le fort attachement du Modem au « fait régional » et au maintien de régions fortes et stratèges et redit son opposition à tout projet qui consisterait à élire des conseillers  régionaux, non plus au Suffrage Universel Direct dans une circonscription régionale comme c’est le cas actuellement, mais sur la base d'un territoire comme le canton (ou canton agrandi) car un tel mode d’élection porterait un coup fatal à l'institution régionale et au projet régional.

Bruno Joncour a souhaité qu’une réforme fiscale ambitieuse et juste intervienne, en accompagnement de la réforme territoriale, afin de clarifier les relations Etat-Collectivités territoriales, notamment en cette période alors que les recettes fiscales nationales et locales vont se réduire et que le crédit va, probablement pour un temps, rester rare et cher.

Bruno Joncour a formulé à nouveau l’espoir que la réforme territoriale permette de trouver une voie consensuelle pratique et concrète, pédagogique et populaire, pour que la Bretagne retrouve, avec le retour de Nantes et de la Loire-Atlantique, tout son potentiel de Grande Région d’Europe. Dans ce sens, le Groupe Modem a présenté à l’exécutif une Motion proposant la solution du Référendum ou d’une «consultation populaire » (article 72.1 de la constitution révisée en 2003) et a suggéré que les différentes motions déposées sur le projet « Réunification » par les groupes politiques soient réunies en une seule.

 

Pour conclure, Bruno Joncour a considéré comme capital que, face à la crise, tout le monde soit mobilisé.

Par là même,  il a regretté que l’exécutif n’ait pas pris l’initiative, avant la session, de réunir toutes les forces politiques Bretonnes représentées à la Région et d’y associer les acteurs de la vie économique et sociale régionale, afin de montrer une forte volonté de construire « confiance et consensus » et de déterminer collectivement les priorités budgétaires de 2009.

Il a approuvé l’initiative de l’exécutif de proposer à l’Assemblée un amendement budgétaire de 11 Millions d’Euros (représentant un peu plus de 1% du Budget global de la Région : 1,099 Milliard d’Euros), pour corriger les Orientations Budgétaires 2009 présentées fin octobre avant que la crise ne s’aggrave.

Par contre, il a regretté la méthode de l’exécutif qui n’a transmis cet amendement aux Présidents des groupes politiques que quelques minutes avant le début de la session.

Il a par ailleurs répondu favorablement à une proposition de l’exécutif de faire participer  davantage tous les groupes politiques de la Région, au suivi des actions de l’Agence économique de Bretagne.

 

Bruno Joncour a rappelé la vision libre, ouverte et constructive du Groupe Modem qui lui permet, depuis quatre et demi, de mettre en lumière les dossiers qui rencontrent ou créent des difficultés  (ex : la politique des Pays qui ne fait pas suffisamment émerger de projets structurants), mais aussi de saluer ceux qui donnent globalement satisfaction (ex : le Programme prévisionnel d’investissement dans les Lycées ou le plan Etat-Région «Université numérique européenne de Bretagne»).

Il a enfin tenu à évoquer l’inquiétude du groupe Modem au sujet du projet « Eco-Taxe » qui, selon les dernières informations reste d’actualité, et pourrait nuire à l’attractivité du territoire breton et affaiblir la vitalité de l’économie régionale.

 

Bruno Joncour a terminé son propos en rappelant que la responsabilité de l’Assemblée régionale était de trouver collectivement les politiques, les projets et les moyens afin que la Bretagne dispose des conditions favorables, pour renforcer sa prospérité, sa vitalité et sa cohésion.

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