#Quimper. Demain le débat sur les finances communautaires

Pas encore tout à fait deux ans de mandat et il est opportun de relire les engagements de la campagne municipale. Même si nous n'étions pas aux commandes et en connaissance approfondie des dossiers comme les élus sortants, nous avions sur les finances publiques notamment à QUIMPER, Viva'cité une vision portée par des convictions centristes qui ne sont pas très éloignées de la réalité que nous connaissons aujourd'hui.

Nous écrivions dans la Glazette N° 5 :

« Pas d’augmentation d’impôts. Le mandat municipal qui s’ouvre en 2014 nécessitera de profondes modifications en termes de budget communal. Les centristes ont l’habitude de s’inquiéter de l’augmentation de la dette publique, générée souvent par des frais de fonctionnement trop élevés. La première mesure que nous prendrons c’est le recrutement d’un cadre chargé de la stratégie financière, afin de faire un état des lieux des finances locales, des économies à réaliser, des réorientations stratégiques de certains projets couteux et inadaptés. En effet, pourquoi engager des millions d’euros pour adapter la gare à un TGV qui tarde à arriver. Pourquoi engager un schéma transport sans répondre aux besoins des habitants pour leurs déplacements et le stationnement. Nous avons là deux dossiers à réorienter vers d’autres priorités. Nous regrettons que la ville n’ait pas pu obtenir pendant le mandat des fonds européens conséquents. Nous sommes pour une fiscalité ménage très maîtrisée, et dans cette période de crise économique augmenter les impôts des entreprises est un frein pour l’emploi. Nous devrons aussi assumer des décisions engagées par l’ancienne municipalité... »

J'assume ce que j'écrivais alors dans cet édito de la Glazette en Février 2014, et l'actualise avec des réalités qui nous ont été données à connaître depuis notre arrivée.

Ce qui n'était pas prévu et que notre majorité communautaire et municipale a dû prendre en charge :

à Quimper Communauté

L'indispensable régularisation dans le budget de Quimper communauté de plus 700 000 euros de Fonds européens pour l'insertion non finalisés par l'ancienne mandature. On aura pu choisir la facilité et augmenter les impôts avec cet argument que la gestion précedente nous avait privé d'une marge de manœuvre ... qu'on était obligé de répercuter sur l'împôt afin de mener le programme pour lequel les Quimpérois avait voté ! Cela n'a pas été fait. C'est un choix. Les Quimpérois peuvent comprendre que pour préserver l'avenir de ce dispositif pour les plus faibles et la crédibilité de notre collectivité à postuler à de nouveaux fonds européens, il était indispensable de se mettre à nouveau debout.

Les surcoûts des coûts partis. Le mandat démarre avec une première évalutation de 1,5 M€ à trouver pour rattraper l'équilibre financier de gros dossiers. Entre la construction de la salle de Congrès du Chapeau rouge, le Pavillon et l'Artimon, le pôle Max Jacob, les chantiers ont dû être consolidés en terme de sécurité et en terme de stationnement réellement adapté. Oui surcoût des travaux et surcoût des décisions politiques à prendre pour répondre aux besoins des associations qui avaient écartées de salle publique municipale à Quimper.

Je ne citerai que ces deux exemples car ils traduisent notre marque de modifier la gouvernance financière au plus près.

Au niveau national

Le schéma engagé par le gouvernement visant à répondre enfin aux engagements européens de réduire notre dette publique, est une bonne chose. Nous savions que l'Etat vivait au dessus de ses moyens et cela mettait en péril la continuité de notre modèle économique et social notamment en terme de service publics que d'autres pays nous envient.

Par contre, il y a deux ans, il était difficile de mesurer à quel niveau serait la facture pour les communes. Même à notre arrivée en avril 2014, on s'est engagé avec des projets de lois de finances sans aucune visibilité à moyen terme (réforme de la DGF modifiée puis reportée mais en partie). Cela a eu pour conséquence que la dette nationale serai partagée principalement sur ce qui était solide à savoir sur les finances des communes qui étaient bien gérées. C'était le cas de Quimper. Je me souviens que le nouveau Directeur des Services, spécialiste de finances publiques, nous annoncait : -33 millions d'euros sur le mandat entre les 2 collectivités.

La douche froide. La fin des projets ? La fin des investissements ? On se contente de la gestion des dossiers engagés par la précédente mandature sans répondre aux besoins des habitants ? On a été élu pour gérer cette incertitude, et prendre des décisions responsables. Certains maires renoncent à leur mandat et ce n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie.

Et il y aura encore dans ce débat budgétaire...

A subir une frénésie parlementaire et réglementaire, des votes à la-va-vite sur de profondes réformes institutionnelles et financières souvent hors-sol, en tous les cas heurtant la façon que nous avons de vivre ensemble ici en Bretagne. Et oui on aime bien « vivre, travailler et décider au pays... »

L'impact de la réforme des chambres de Commerce, qui apporté la fusion des instances finistèriennes et bretonnes, avec son lot de réorganisation pouvant gommer la réalité des pays comme la Cornouaille ;

Les conséquences subies de la loi sur les Métropoles, la loi électorale sur un découpage des régions qui n'a pas pris en compte la réunification avec la Loire atlantique, l'application à marche forcée des réformes profondes de nos institutions comme la loi NOTRe, et le schéma de cohérence territoriale, la baisse des dotations de l'état aux communes et aux intercommunalités etc... Demain les historiens pourront qualifier avec le recul nécessaire, la méthode engagée par le pouvoir actuel, et nous, qui au cœur du cyclone cherchons seulement à préserver l'essentiel.

Le contexte économique et financier de Quimper, de la Cornouaille et du Finistère n'est pas au beau fixe, et personne ne peut s'en réjouir. Nous étions encore Dimanche à Brest #vent2bout pour soutenir le CMB Arkéa, soutenir l'emploi et essayer d'empêcher que l'identité d'une banque bretonne enracinée dans le tissu local ne perde son autonomie de décision.

Autonomie financière malmenée et malgré tout des projets!?

Si on peut - pour l'instant - ne pas augmenter la part communale de la fiscalité, nous sommes contraints de le faire pour l'intercommunalité. Ce n'est pas de gaîté de cœur, mais avons-nous le choix ? Des efforts très importants ont été réalisés par les élus qui ont la responsabilité d'un budget, des réductions exemplaires de dépenses globales de fonctionnement à tous les niveaux, des services très sollicités, cette première année budgétaire a été celle du courage et de l'implication. Les débats ont lieu dans les instances, chacun a pu présenter ses arguments en bureau communautaire élargi notamment, l'heure du vote arrive.

Nous assumerons dans ce budget de Quimper Communauté 2016 (socle des suivants), les engagements déjà pris, puis petit à petit nous commencerons à engager une politique d'investissements indispensables au développement économique et à l'emploi, c'est pourquoi je suis ainsi solidaire des propositions financières communautaires cette année. Mais il est juste de dire que la liberté d'action est aujourd'hui entravée dans nos collectivités locales, que notre capacité d'autofinancement reste à surveiller comme le lait sur le feu, et de noter que des politiques nouvelles sont engagées pour enrayer la décroissance démographique et l'appauvrissement économique.

Souhaitons bonne chance aux projets, et rendez-vous dans un an.

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